Extrait de L’Entreprise.com avec AFP, publié le 30/05/2014 – REUTERS/Shannon Stapleton

Les jardins d’entreprise séduisent de plus en plus de sociétés, conscientes des aspects bénéfiques d’un espace vert pour leurs salariés.

Faire entrer la nature au bureau. De plus en plus d’entreprises créent un espace vert pour leurs salariés. Une mode venue des Etats-Unis, qui permetrait d’impliquer et d’apaiser les salariés.

Arroser, désherber ou biner à la pause déjeuner. Organiser une réunion entre pieds de tomates ou framboisiers: de nombreuses entreprises font ce choix de nature. Le jardin d’entreprise a longtemps été très limité, quelques plantes exotiques dans un bac tout au plus, sans vraiment de sens. Aujourd’hui, il doit être à la fois esthétique et utile, un espace à vivre autant qu’une réponse aux enjeux environnementaux

Améliore le bien-être

Venus des États-Unis où ils ont fleuri dans la plupart des grandes entreprises, les « corporate gardens » essaiment depuis quelques années en France où les entreprises y voient un moyen de valoriser des espaces urbains à moindre coût, ainsi qu’un outil de bien-être au travail. 20% des espaces verts péri-urbains sont des jardins d’entreprise, selon Xavier Laureau, fondateur de « Jardins jardin ».

Une étude américaine de 2011 menée notamment par l’université de l’Oregon (The economics of biophilia) montre qu’un environnement de travail connecté à la nature améliore la performance du salarié et qu’il réduit jusqu’à 10% l’absentéisme. Du toit-terrasse végétalisé et aménagé en espace de détente à la friche industrielle de plusieurs milliers de mètres carrés affectée à un usage agricole, les formules choisies par les entreprises varient selon leur taille, l’espace dont elles disposent ou l’engagement du personnel.

Jardiner au déjeuner

L’entretien écologique est assuré par des professionnels, jardiniers ou apiculteurs, qui proposent également aux salariés des ateliers pédagogiques et des conférences sur les insectes pollinisateurs sauvages, les ruches ou la taille raisonnée des arbustes.

D’autres entreprises ont fait le choix d’impliquer d’avantage leurs salariés en les incitant à consacrer une partie de leur temps de pause à cultiver un potager collectif. C’est le cas de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris, où une dizaine d’employés (sur une centaine) veille sur une cinquantaine de mètres carrés de tomates, aubergines, groseilles et autres plantes aromatiques perchées sur la toit du Palais de Chaillot, face à la Tour Eiffel.

« Nous avons privilégié les fruits ou légumes que l’on pouvait picorer facilement à l’heure du déjeuner », explique Matthias Thulard, bibliothécaire et membre actif du groupe des jardiniers amateurs. Le principe est simple: les participants jardinent sur leur temps libre, les plantations sont issues de l’agriculture biologique, l’entretien se fait avec des produits naturels et la récolte est partagée entre les participants et consommée sur place de préférence.