Adieu les feuilles, adieu les fleurs ! Enfin, jusqu’à l’année prochaine

Tous les ans, l’exposition « Jardins jardin » prend place pour quelques jours aux Tuileries. Des jardins dans un jardin, pour le plaisir de flâner, de découvrir ou redécouvrir comment exprimer au mieux la nature en ville, de humer les roses et les nouvelles tendances du paysage et du design.

 

Le jardinier amateur comme les professionnels les plus en pointe retrouveront là l’éternelle brouette, l’arrosoir et le pot de terre, mais les artistes de la terre ont bousculé les codes, mis des fleurs dans des bottes de caoutchouc, proposent des lapins transformés par une fée moderne en fauteuils de jardin.

On rêve à des siestes sur une moquette de mousses ou un coussin de sédum. Un sculpteur s’inspire des champignons du Nord de l’Italie pour en faire des pièces uniques réalisées en ciment, quartz, nacre et coquillage, les Chiodino.

Et des sculptures, il y en a d’ailleurs de toutes sortes, fontaines, astrolabes, donnant une touche japonaise à un carré de sable ou imposant une perspective à une pelouse ou un bassin

 

 

 

 

 

 

 

 

Même le barbecue devient une œuvre d’art. et on explorerait bien ces grottes qui cachent leurs secrets au cœur des plantes d’ombre.

Difficile de faire du neuf dans le végétal, les roses justement, il y en a toujours eu de mémoire de jardiniers. Pourtant le pépiniériste  André Eve en propose une qui a tellement de pétales et un si doux parfum qu’on pourrait la soupçonner d’avoir flirté avec une pivoine.
Quant à l’arbuste Cornus kousa, on l’a vu apparaître il y a plusieurs années mais on ne s’en est pas lassé et on le laisse encore imposer ses grandes fleurs blanches.

Après la découverte de variétés remarquables, la promenade se poursuit en passant par 13 jardins éphémères.

La proposition des étudiants de l’Ecole du Breuil mélange le végétal et l’urbain, comme il sera demandé aux diplômés quand ils seront nommés paysagistes.

 

On note une utilisation originale des pots, le simple pot de terre. Pots de belle taille récupérés après une exposition à l’Institut du Monde Arabe, ils sont montés sur 4 étages et utilisés comme des claustras pour discuter tranquillement. Les plantes mellifères dont ils sont plantés et une circulation d’eau au sommet en font un but recherché des abeilles et des promeneurs. Ce « Pot M » est l’œuvre du paysagiste Michel Péna.

 

Plus loin, un empilement de pots de petite taille forme un mur qui isole un espace.

Enfin un luxuriant jardin élaboré en étages rappelle que la ville et son manque d’espace invitent à trouver des solutions neuves. Pierre-Alexandre Risser a imaginé une jungle de 9 mètres de haut, un jardin à suspendre sur 3 étages, démultiplié par des miroirs qui sont une évocation de baies vitrées.

Là encore, il y a de quoi en prendre de la graine.

Marie Hélène Massé